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7 WOD pour rester fit pendant les vacances

Les vacances sont une parenthèse bienvenue, une occasion de rompre avec la routine. Pour de nombreux athlètes, amateurs ou confirmés, cette pause soulève une question : comment maintenir un niveau de forme physique satisfaisant loin de sa salle de sport et de son équipement habituel ? La réponse réside dans une approche minimaliste mais redoutablement efficace, le crossfit au poids de corps. Ces entraînements, ou WOD (Workout of the Day), ne nécessitent rien d’autre que votre propre motivation et un petit espace, transformant n’importe quel lieu de villégiature en une aire de jeu fonctionnelle.

Introduction au crossfit sans équipement

Qu’est-ce que le crossfit au poids de corps ?

Le crossfit au poids de corps, ou bodyweight crossfit, applique les principes fondamentaux de la discipline : des mouvements fonctionnels constamment variés, exécutés à haute intensité. La différence majeure réside dans la source de résistance. Ici, pas de barres, d’haltères ou de kettlebells. Le seul poids utilisé est celui de votre propre corps. Cela force l’organisme à développer la force relative, la coordination et la stabilité, des qualités athlétiques essentielles souvent négligées dans les entraînements avec charges externes.

La philosophie du “n’importe où, n’importe quand”

L’un des piliers de cette pratique est sa liberté totale. Une chambre d’hôtel, un parc, une plage ou un coin de jardin suffisent pour réaliser une séance complète et exigeante. Cette flexibilité élimine toutes les excuses liées à l’accès à une salle de sport. L’entraînement s’adapte à votre emploi du temps de vacances, et non l’inverse. Un WOD de vingt minutes avant le petit-déjeuner ou au coucher du soleil devient une possibilité concrète et facile à mettre en œuvre.

Maintenant que le concept est posé, il convient d’examiner en détail les bénéfices concrets de cette méthode d’entraînement nomade.

Les avantages des WOD au poids de corps

Accessibilité et polyvalence

Le premier avantage, et non des moindres, est l’absence de barrière financière ou logistique. Nul besoin d’investir dans du matériel coûteux ou de trouver une salle affiliée. Cette approche rend la haute intensité accessible à tous, quel que soit le budget ou le lieu. De plus, les exercices au poids de corps sont incroyablement polyvalents. Chaque mouvement de base, comme la pompe ou le squat, possède des dizaines de variations permettant d’ajuster la difficulté, du parfait débutant à l’athlète de haut niveau.

Efficacité métabolique et cardiovasculaire

Les WOD au poids de corps sont souvent structurés sous forme de circuits à haute intensité (HIIT). Ce format maintient une fréquence cardiaque élevée, ce qui engendre une dépense calorique importante pendant et après l’effort, un phénomène connu sous le nom d’EPOC (Excess Post-exercise Oxygen Consumption). L’impact sur le système cardiovasculaire est profond, améliorant l’endurance et la capacité respiratoire de manière significative en des temps très courts.

Type d’activité (30 minutes) Dépense calorique estimée (personne de 70 kg)
WOD au poids de corps (haute intensité) 350 – 450 kcal
Marche rapide (6 km/h) 150 – 200 kcal
Yoga doux 100 – 150 kcal

Développement de la force fonctionnelle

S’entraîner sans charge externe oblige le corps à mieux se connaître. La proprioception, c’est-à-dire la perception de la position des différentes parties du corps dans l’espace, est grandement améliorée. La stabilité du tronc (le core) devient primordiale pour exécuter correctement les mouvements. On ne développe pas seulement des muscles, on construit des schémas moteurs efficaces, une force utile au quotidien et une meilleure prévention des blessures.

Ces bénéfices démontrent la pertinence des WOD au poids de corps. Pour les mettre en pratique, il est utile de connaître les formats d’entraînement et les mouvements qui les composent.

Familiarisez-vous avec les WODs au poids de corps

Les formats de WOD les plus courants

La structure d’un WOD est ce qui détermine son stimulus. Comprendre les formats les plus populaires vous permettra de varier vos entraînements et de cibler différents objectifs.

  • AMRAP (As Many Rounds/Reps As Possible) : Il s’agit de réaliser le plus de tours ou de répétitions possible d’un circuit donné dans un temps imparti. C’est un excellent format pour tester l’endurance et la gestion de l’effort.
  • For Time : L’objectif est de terminer une série d’exercices et de répétitions le plus rapidement possible. Ce format mesure la puissance et la vitesse d’exécution.
  • EMOM (Every Minute On the Minute) : À chaque début de minute, vous devez réaliser un certain nombre de répétitions d’un exercice. Le temps restant dans la minute est votre temps de repos. C’est idéal pour travailler la régularité et la récupération.
  • Tabata : Un protocole de HIIT très spécifique qui consiste en 8 cycles de 20 secondes d’effort maximal suivies de 10 secondes de repos, soit 4 minutes au total par exercice.

Les mouvements fondamentaux sans matériel

La maîtrise de quelques mouvements de base est la clé pour construire une infinité de WOD. L’accent doit toujours être mis sur une exécution technique parfaite avant de chercher la vitesse. Les plus importants sont :

  • Air Squat : La flexion de jambes sans charge, fondamentale pour la force du bas du corps.
  • Pompes (Push-ups) : L’exercice roi pour le haut du corps, ciblant les pectoraux, les épaules et les triceps.
  • Fentes (Lunges) : Idéales pour le travail unilatéral des jambes et l’amélioration de l’équilibre.
  • Burpees : Un mouvement complet qui sollicite tout le corps et augmente rapidement le rythme cardiaque.
  • Planche (Plank) : Essentielle pour le renforcement de la sangle abdominale et la stabilité du tronc.

Avec ces connaissances en poche, il est temps de découvrir des exemples concrets d’entraînements que vous pourrez emporter partout avec vous.

WOD sans matériel pour dynamiser vos vacances

WOD 1 : Le “Cindy” de voyage

Ce WOD est un grand classique, ici adapté sans barre de traction. C’est un AMRAP de 20 minutes. L’objectif est de maintenir un rythme constant et de minimiser les temps de pause. Le format : AMRAP 20 minutes de :

  • 5 pompes
  • 10 air squats
  • 15 sit-ups (relevés de buste)

WOD 2 : La pyramide infernale

Un entraînement court mais intense au format “For Time”. La structure en pyramide montante puis descendante est un défi mental autant que physique. Le format : For Time, de 1 à 10 puis de 10 à 1 :

  • Burpees
  • Air Squats

(Vous faites 1 burpee et 1 squat, puis 2 burpees et 2 squats, etc., jusqu’à 10, puis vous redescendez à 1).

WOD 3 : Tabata total body

Ce WOD de 16 minutes cible l’ensemble du corps avec une intensité maximale. Chaque exercice est réalisé en format Tabata (8 tours de 20s d’effort / 10s de repos) avant de passer au suivant.

  • Tabata 1 : Jumping jacks
  • Tabata 2 : Pompes
  • Tabata 3 : Fentes alternées
  • Tabata 4 : Mountain climbers

WOD 4 : Le “For Time” cardio

Un excellent WOD pour travailler l’endurance cardiovasculaire. Il combine la course avec un mouvement de poids de corps explosif. Le format : 5 rounds For Time de :

  • 400 mètres de course
  • 20 burpees

WOD 5 : L’EMOM du tronc

Ce WOD de 10 minutes est spécifiquement conçu pour renforcer la sangle abdominale et les muscles profonds. Le format : EMOM 10 minutes :

  • Minute impaire : 40 secondes de planche
  • Minute paire : 15 V-ups (ou relevés de jambes si trop difficile)

WOD 6 : Le “Death By”

Un format qui teste vos limites. Le but est de tenir le plus longtemps possible. Le format : Death by Air Squats.

  • Minute 1 : réalisez 1 air squat.
  • Minute 2 : réalisez 2 air squats.
  • Continuez en ajoutant 1 squat chaque minute jusqu’à ce que vous ne puissiez plus compléter le nombre de squats requis à l’intérieur de la minute.

WOD 7 : Le “Chipper” du vacancier

Un “chipper” consiste à réaliser une série d’exercices une seule fois, pour un grand nombre de répétitions. Il faut “tailler” dans les répétitions jusqu’à la fin. Le format : For Time :

  • 50 fentes marchées (25 par jambe)
  • 40 sit-ups
  • 30 pompes
  • 20 burpees
  • 100 jumping jacks pour finir

Cette sélection de WOD offre une belle variété, mais il est crucial pour les nouveaux pratiquants d’aborder ces exercices avec une approche adaptée à leur niveau.

Exercices de crossfit sans équipement pour débutants

Adapter les mouvements de base

La clé pour un débutant est la progression. Il ne faut jamais sacrifier la qualité du mouvement pour la vitesse ou le nombre de répétitions. Presque tous les exercices peuvent être simplifiés pour être accessibles.

Exercice Version standard Modification pour débutant
Pompe Au sol, corps gainé Sur les genoux ou contre un mur/banc
Air Squat Flexion complète, hanches sous les genoux Squat sur une chaise (s’asseoir et se relever)
Burpee Poitrine au sol, saut vertical Pas de pompe, se relever sans sauter (step-up burpee)
Planche Sur les mains ou les coudes Sur les genoux, en réduisant le temps de tenue

Un WOD type pour commencer en douceur

Pour un premier essai, il est conseillé de se concentrer sur la technique plutôt que sur le chronomètre. Un entraînement “For Quality” est idéal. Par exemple, réalisez 3 à 5 tours, en prenant le temps de bien faire chaque mouvement :

  • 10 squats sur une chaise
  • 10 pompes sur les genoux
  • 20 secondes de planche sur les coudes
  • 30 jumping jacks

Prenez 1 à 2 minutes de repos entre chaque tour.

L’importance de la progression lente

Pour un débutant, la régularité prime sur l’intensité. Mieux vaut réaliser trois séances légères dans la semaine qu’une seule séance trop dure qui pourrait entraîner des courbatures excessives ou une blessure. L’objectif est de construire une base solide en renforçant les muscles et les articulations et en apprenant les schémas moteurs corrects.

À l’opposé du spectre, les athlètes aguerris chercheront au contraire à complexifier leurs entraînements pour continuer à progresser même sans leur matériel habituel.

WOD avancés pour crossfitters expérimentés

Augmenter l’intensité sans matériel

Pour un athlète confirmé, le défi est de recréer une intensité suffisante sans charges additionnelles. Plusieurs stratégies sont possibles :

  • La pliométrie : Intégrer des sauts aux mouvements de base (jumping squats, clapping push-ups) pour augmenter la puissance et la demande cardiovasculaire.
  • Le travail unilatéral : Isoler un côté du corps (pistol squats, pompes archer) pour augmenter la charge relative et le travail de stabilisation.
  • La densité : Réduire les temps de repos ou augmenter le volume de répétitions dans un même laps de temps pour pousser le corps dans ses retranchements.

WOD avancé : Le “Murph” sans gilet

Le “Murph” est un WOD héroïque emblématique. Même sans gilet lesté et sans barre de traction, il reste un test redoutable d’endurance physique et mentale. La version au poids de corps peut remplacer les tractions par un mouvement de tirage imaginaire ou des sit-ups pour garder le volume. Le format : For Time :

  • 1,6 km de course
  • 100 pompes
  • 200 air squats
  • 300 sit-ups
  • 1,6 km de course

Les répétitions du milieu (pompes, squats, sit-ups) peuvent être partitionnées, par exemple en 20 séries de 5 pompes, 10 squats et 15 sit-ups.

Combiner les techniques pour un défi maximal

Les crossfitters expérimentés peuvent créer leurs propres WOD en mélangeant les formats. Par exemple, un entraînement pourrait commencer par un “buy-in” (un effort à réaliser avant de commencer le cœur de séance) de 800m de course, suivi d’un AMRAP de 15 minutes, et se terminer par un “cash-out” (un effort final) de 50 burpees for time. Cette complexification du stimulus force une adaptation constante.

Que l’on soit débutant ou expert, le lieu de pratique lui-même peut devenir un outil pour moduler la difficulté et varier les plaisirs.

Profitez des grands espaces pour vos WOD

La plage comme terrain de jeu

S’entraîner sur le sable est une excellente façon d’augmenter la difficulté. Le sol instable et meuble demande un effort de stabilisation constant et augmente l’intensité de chaque mouvement. Les sprints sur sable sont particulièrement efficaces pour le développement de la puissance des jambes. Une séance peut simplement consister en plusieurs allers-retours de sprints de 50 mètres entrecoupés de burpees face à la mer.

La montagne et la forêt

Les environnements naturels offrent un équipement intégré. Un banc public devient une box pour les box jumps, un tronc d’arbre couché est parfait pour des pompes inclinées ou déclinées, et une côte bien raide se transforme en un outil redoutable pour des hill sprints. Le trail running, en lui-même, est un WOD complet qui travaille l’endurance, l’équilibre et la force des jambes.

Intégrer les éléments naturels

Si votre lieu de vacances le permet, n’hésitez pas à intégrer l’eau à vos entraînements. Un WOD de type “run-swim-run” est un classique du triathlon mais s’adapte parfaitement à une logique crossfit. Par exemple : 3 rounds for time de 400m de course sur la plage, 100m de nage et 20 squats sur le sable. C’est une manière ludique et rafraîchissante de s’entraîner.

Cette liberté d’action et cette créativité ne doivent cependant pas faire oublier les règles de base de la sécurité pour une pratique saine et durable.

Précautions et conseils pour éviter les blessures

L’échauffement : une étape non négociable

Même pour une séance courte, l’échauffement est fondamental. Il prépare le corps à l’effort, augmente la température musculaire et lubrifie les articulations. Un bon échauffement dynamique de 5 à 10 minutes doit inclure :

  • Des activations cardiovasculaires légères : jumping jacks, montées de genoux.
  • Des rotations articulaires : cercles avec les bras, les hanches, les chevilles.
  • Des mouvements spécifiques à la séance, exécutés à faible intensité : quelques air squats lents, des pompes sur les genoux.

L’hydratation et la nutrition

S’entraîner en vacances, souvent sous un climat plus chaud, exige une attention particulière à l’hydratation. Il faut boire de l’eau avant, pendant et après l’effort. Côté nutrition, il ne s’agit pas de se priver des plaisirs locaux, mais d’assurer un apport suffisant en protéines pour la récupération musculaire et en glucides pour l’énergie. Un repas équilibré quelques heures avant le WOD est fortement recommandé.

Écouter son corps et gérer la récupération

Les vacances sont aussi faites pour se reposer. Il est crucial de ne pas tomber dans le surentraînement. Apprenez à distinguer la “bonne” fatigue musculaire de la douleur articulaire ou d’un signal d’alerte. Si une douleur aiguë apparaît, il faut arrêter immédiatement l’exercice. Les jours de repos complet ou de récupération active (marche, natation douce) sont aussi importants que les jours d’entraînement.

Intégrer une routine de fitness pendant les vacances est donc une stratégie gagnante, à condition de le faire intelligemment. Les WOD au poids de corps offrent une solution flexible, efficace et gratuite pour entretenir sa forme physique et sa vitalité. En choisissant des entraînements adaptés à son niveau, en utilisant l’environnement comme un partenaire et en respectant les principes de sécurité comme l’échauffement et l’écoute de soi, il est tout à fait possible de revenir de congés plus en forme et plus énergique qu’au départ.

Franck Jacquet: